C’est en 2001, dans les rues d’Addis Abeba, que les membres de The Ex entendent pour la première fois le begena, « harpe de David » à dix cordes, instrument sacré en Ethiopie qui fait vibrer des sons amples en résonnance, monotones, ancestraux. Au dos de la cassette : la signature de Zerfu Demissie. Cinq ans plus tard, ils le rencontrent chez lui, où il enregistre Akotet en quelques jours. Fils d’une longue tradition de musiciens (son père jouait à la Cour de Haile Selassie), il porte à la lumière le « Wax’n’Gold », un art poétique issu de l’Eglise Orthodoxe, qui renvoie l’auditeur aux confins d’une transe sombre et apaisée. Au coeur de cette obscurité, sa voix laisse transparaitre une fragile humanité et une spiritualité qui invitent au recueillement.